DLC ou DDM : comprendre les dates de péremption de vos aliments

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DLC ou DDM : comprendre les dates de péremption de vos aliments

Sur un emballage suisse, deux mentions seulement font foi. « À consommer jusqu'au » est une date de sécurité : passé ce délai, on ne mange plus le produit, car des microbes dangereux ont pu s'y développer sans être visibles. « À consommer de préférence avant le » est une date de qualité : le produit reste sûr après cette date s'il a été bien conservé et si vos sens ne détectent rien d'anormal. Confondre les deux fait soit courir un risque sanitaire, soit jeter de la nourriture encore parfaitement bonne.

La distinction n'est pas un détail. En Suisse, une grande partie du gaspillage alimentaire des ménages vient d'aliments jetés à la date indiquée alors qu'ils étaient encore consommables. Voici comment lire correctement ces mentions, ce que vous pouvez garder au-delà, et le rôle exact de votre réfrigérateur.

La réponse rapide : les deux seules dates qui comptent

Le droit alimentaire suisse ne reconnaît que deux formulations officielles pour dater une denrée. L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) précise que le choix entre les deux dépend de la recette, du procédé de fabrication et des risques de conservation du produit. Il n'y a pas de règle universelle : c'est le fabricant qui détermine laquelle s'applique.

Mention sur l'emballageCe qu'elle mesureAprès la date
« À consommer jusqu'au » (DLC)La sécurité sanitaire. Produits vite périssables au plan microbiologiqueNe plus consommer. Risque de microbes nocifs invisibles
« À consommer de préférence avant le » (DDM)La qualité (goût, odeur, couleur, texture)Encore consommable si bien conservé et si vos sens ne signalent rien

Retenez le raccourci : « jusqu'au » parle de votre santé, « de préférence » parle du plaisir. La première est une limite ferme, la seconde une indication.

« À consommer jusqu'au » : la date de sécurité (DLC)

Cette mention figure sur les denrées facilement périssables du point de vue microbiologique : viande et poisson frais, charcuterie, plats préparés réfrigérés, certains produits laitiers frais. Sur ces aliments, des micro-organismes pathogènes comme les salmonelles ou la listéria peuvent se multiplier sans que la couleur, l'odeur ou le goût changent. Vos sens ne suffisent donc pas à juger : c'est tout l'intérêt de la date.

La règle est simple et stricte : une fois la date « à consommer jusqu'au » dépassée, on ne consomme plus le produit. C'est aussi la limite après laquelle un commerce n'a plus le droit de le remettre à la vente.

Il existe toutefois une marge légale utile. L'OSAV rappelle que la viande, le poisson, le fromage râpé préemballés et les produits finis portant la mention « à consommer jusqu'au » peuvent être congelés avant la date limite, ce qui prolonge leur durée de conservation jusqu'à 90 jours de plus. Le geste doit être fait tant que le produit est encore dans sa période de sécurité, jamais après. Pour bien comprendre les précautions de la décongélation, voyez notre article sur la vérité au sujet de la recongélation d'un aliment décongelé.

« À consommer de préférence avant » : la date de qualité (DDM)

Cette mention concerne les produits peu périssables : pâtes, riz, farine, conserves, biscuits, café, thé, chocolat, huiles. Elle indique jusqu'à quand le fabricant garantit la pleine qualité du produit bien stocké. Ce n'est pas une date de sécurité. Passé ce délai, l'aliment n'est pas dangereux : il peut simplement perdre un peu de croquant, d'arôme ou de couleur.

Le bon réflexe est celui recommandé par l'OSAV et la plateforme suisse foodwaste.ch : faites confiance à vos sens. Regardez, sentez, goûtez. Si l'aspect, l'odeur et le goût sont normaux, le produit se mange sans crainte. Si vous percevez une légère différence sans altération franche, il reste généralement consommable. En cas d'altération marquée (moisissure, odeur forte, texture anormale), on jette. Nous détaillons cette méthode dans notre guide pour savoir si un aliment est encore bon sans lire la date.

Combien de temps après la date ? Les repères de la recherche suisse

Pour objectiver ces marges, la ZHAW a mené une étude sur mandat de l'OSAV. Elle a mesuré, pour des produits stockés correctement, une durée supplémentaire pendant laquelle ils restent consommables au-delà de la date imprimée. Ces repères, relayés par foodwaste.ch, sont volontairement prudents.

Type de produitDurée indicative supplémentaire (bien conservé)
Pâtes, riz, thé, caféjusqu'à environ 360 jours
Graisses, huiles, mueslijusqu'à environ 120 jours
Produits surgelésjusqu'à environ 90 jours
Lait UHT, fromage à pâte dure, snacksjusqu'à environ 30 jours
Œufs crus, gâteaux et pâtisseriesjusqu'à environ 6 jours

Ces chiffres sont des ordres de grandeur, pas des garanties. Ils supposent un emballage intact et une conservation conforme aux instructions. Ils s'accompagnent toujours du même conseil : vérifiez avec vos sens avant de consommer.

Le rôle du réfrigérateur : la date suppose une bonne conservation

Une date de péremption n'a de valeur que si les conditions de conservation sont respectées. Beaucoup d'emballages portent d'ailleurs une consigne du type « Conserver au réfrigérateur » ou « À conserver à -18 °C au congélateur ». Si cette consigne n'est pas suivie, la date affichée ne tient plus.

Concrètement, cela veut dire trois choses.

Les aliments qui ne portent aucune date

Toutes les denrées ne sont pas datées. L'OSAV prévoit des exceptions, notamment les fruits et légumes frais non transformés, le vinaigre et le sel de cuisine. Pour ces produits, il n'existe pas de date parce que leur conservation dépend surtout de la façon dont vous les stockez. Bien lire un emballage, c'est aussi savoir qu'une absence de date n'est pas un oubli.

Bien utiliser les dates au quotidien : la méthode anti-gaspillage

Comprendre la différence entre DLC et DDM permet d'économiser sans prendre de risque. Trois habitudes suffisent.

  1. Triez selon la mention. « Jusqu'au » : respectez la date à la lettre, ou congelez avant l'échéance. « De préférence » : la date est un repère, pas un couperet.
  2. Rangez pour voir. Placez devant les produits dont la date approche, appliquez le principe premier entré, premier sorti. Un frigo bien organisé évite d'oublier un aliment jusqu'à ce qu'il soit perdu.
  3. Jugez avec vos sens sur les DDM dépassées. Regardez, sentez, goûtez une petite quantité. En cas de doute franc, jetez.

Ces réflexes rejoignent le rôle central du froid dans la lutte contre le gaspillage, un sujet que nous développons dans notre article sur le réfrigérateur et la réduction du gaspillage alimentaire.

Questions fréquentes

Peut-on manger un yaourt après la date « à consommer de préférence avant » ?

Oui, en principe, s'il a été gardé au frais et que rien d'anormal n'apparaît. La DDM porte sur la qualité, pas sur la sécurité. Ouvrez, observez, sentez : un yaourt gonflé, moisi ou à l'odeur aigre inhabituelle se jette.

Que risque-t-on à consommer un produit après sa DLC ?

La date « à consommer jusqu'au » concerne des aliments où des microbes dangereux peuvent se développer sans signe visible. La consommer après, c'est s'exposer à une intoxication alimentaire, même si le produit semble normal. Cette limite se respecte strictement.

Peut-on congeler un produit à la date « à consommer jusqu'au » pour le sauver ?

Oui, à condition de le faire avant que la date ne soit dépassée. L'OSAV indique que viande, poisson, fromage râpé préemballés et produits finis « à consommer jusqu'au » gagnent jusqu'à 90 jours s'ils sont congelés avant la limite.

La date reste-t-elle valable après ouverture de l'emballage ?

Non, le plus souvent. Une fois le produit ouvert, la date imprimée ne s'applique plus et l'emballage indique en général de consommer rapidement. Fiez-vous alors à la consigne de conservation et à vos sens.

Pourquoi certains aliments n'ont-ils aucune date ?

Parce que la loi les en dispense. C'est le cas des fruits et légumes frais, du vinaigre ou du sel de cuisine, dont la durabilité dépend surtout de votre mode de conservation.

Sources vérifiées